Les chondrites à enstatite sont des météorites formées au plus près du Soleil, localisation où, dans la nébuleuse primitive, les conditions chimiques tendaient plutôt à être réductrices qu'oxydantes. Pour cette raison, la majorité du fer qu'elles contiennent se trouve sous forme de très fines paillettes métalliques et non pas associées à d'autres éléments chimiques tel l'oxygène, le soufre, le carbone…. Le pyroxène qui normalement incorpore une grande part de fer dans sa maille cristalline est ici totalement magnésien (MgSio3) et prend le nom d'enstatite... d’où le nom de cette classe…
Les
chondres dans les chondrite de type EL sont en moyenne plus grosses que
dans les chondrite de type EH : 476µm (min 85µm, max
2125µm)
La classification des chondrites à enstatite de type EL,
qui contiennent jusqu'à 12% de métal (d’ou le
nom EL, le E pour Enstatite et L pour « Low métal
»), pose parfois problème, variant notamment selon les
modèles de formation/genèse sur lesquels l’on pense
pouvoir se baser. Par exemple, l’origine très
discutée d’un minéral comme la sinoïte
(Si2N2O) dans une météorite de 1.2g découverte en
antarctique (QUE 94368), a conduit à révisé sa
classification pour en faire la première EL4 connue ! NWA 1810 a
été longtemps considéré comme enstatite
anormale (E5) avant d’être classifiée comme la
cinquième EL5 connue… Autre exemple, NWA 974, qui bien
que classifiée officiellement comme la première EH6,
montre pourtant des caractéristiques des groupes EL et
EH… Des anomalies comme celles-ci peuvent parfois pousser
à remettre en perspective la classification, voir dans ce cas
précis la théorie principale de formation
systématique des chondrites à enstatite dans deux corps
de chimie interne assez différente, et non pas dans un seul.
Les chondres dans les EH sont en moyenne plus petites que les chondres
des météorites EL : 278µm (min 45µm, max
1313µm)
En 1962 sept pierres se sont abattues près de la ville de Galim,
au Cameroun. Six d'entre elles étaient des chondrites de type
LL6, et la septième une pierre qui fut classifiée EH. Par
leur zone de formation et leur degré d'oxydation, les chondrites LL sont plutôt proches des rumurutites
(exact opposé des chondrites à enstatite quant aux
conditions de formations et contenu en fer natif). Il semble
qu'un impact violent ait eu lieu entre un corps parent LL et un corps
parent des EH, dans les premiers temps de l’accrétion
planètésimale, permettant la formation d’une roche
bréchiforme, contenant des fragments des deux types «
antagoniste » de météorites, extrêmement
choqués par l'impact. Cette chute a permis une étude des
interactions chimiques entre météorites formées
dans des milieux très différents quant aux conditions
d’oxydoréductions.
Neuschwanstein, chondrite EL6, chute observée en 2002, et trouvaille à cheval sur la frontière austro-germanique (spécimens trouvés en Allemagne et en Auriche)

