Les Chondrites




Il y a environ 4.57 milliards d’années, dans un des bras d’une galaxie spirale que nous appelons aujourd’hui « Voie Lactée », un gigantesque nuage de gaz et de poussières issue de l’agonie de quelques astres géants depuis longtemps éteints, rencontre une géante rouge en fin de vie. Ayant brûlée tout son carburant nucléaire, cette dernière explose violemment en éjectant 0.02masse solaire (soit 6000 masses terrestres) de poussières, déstabilisant le nuage de matière à proximité. Cet apport considérable d’énergie et de matière induit des perturbations qui vont conduire à la condensation du nuage en corps plus ou moins massifs, les futures planètes, astéroïdes et comète de notre système solaire.

V838Orion nebulaeEvolution de la supenovae V838 observee durant 7 mois (taille finale environ 1,5 fois la taille du systeme solaire), et nebuleuse d'Orion, une pepiniere de nouveaux systeme planetarire. Images satellite Hubble.

Les chondrites sont les agrégats les plus primitifs des éléments condensés à partir de cette nébuleuse. En laboratoire, il a été possible de reconstituer la chaîne de condensation minérale, depuis les hautes températures régnant durant la genèse de notre Système Solaire, jusqu'à la température actuelle de l’espace interplanétaire (- 270 °C environ). Les minéraux ainsi synthétisé montrent une concordance qualitative et quantitative avec les minéraux trouvés dans les chondrites les moins alterée depuis leur formation (de type 3.0 à 3.2). Ces différentes espèces minérales se combinent à l’intérieure des roches chondritique en quatre structures principales, communes à toutes les variétés :

Chondres variety
Type de chondres : BO="Barred Olivine"  /  C ou GL="Cryptocristalline" ou "Glassy"  /  GOP="Granular Olivine Pyroxene"  /  RP="Radial Pyroxene"  /  PP="Porphyritic Pyroxene"  /  PO="Porphyritic Olivine"  /  POP="Porphyritic Olivine Pyroxene"



Toutes les chondrites, même si issues d’assemblages fort différents, suivent une même classification pétrologique principale, dont les premières bases datent de Van Schmus et Wood (1967). Cette « classification pétrologique » s'appuie sur le degré et la nature de l'altération affectant les chondres. On dénombre six catégories différentes d’altération. Le type 3 correspond aux matériaux originels non altérés, les type 2 et 1 à des degrés croissants d'altération aqueuse et enfin les types de 4, 5 et 6 à des degrés croissants d'altération résultant d'un métamorphisme thermique (transformation du fait de la pression et de la chaleur). Récemment, certains chercheurs on ajouter un type 7, à la limite entre chondrite et achondrite (des termes tel PAC, de l’anglais “Primitive Achondrite”, ou metachondrite apparaissent pour cette classe encore mal définie).  Cette séquence se traduit visuellement et chimiquement ainsi :

Type 1 : absence quasi-totale de chondre, composition inhomogène

Type 2 : chondres nets et facilement discernables les uns des autres,  composition inhomogène

Type 3 : chondres très nets et parfaitement séparés, non altérés, composition inhomogène 

Type 4 : chondres assez bien individualisés, composition homogène 

Type 5 : chondres encore discernables quoique avec difficulté,  composition homogène

Type 6 : chondres mal définis, composition homogène

Type 7 : recristallisation et equilibration chimiques des mineraux quasi totale, présence éventuelle de reliquats de chondres, composition homogène

LL3 a LL7

Comparaison des differentes petrologies de chondres pour les chondrite LL : 
Type 3, 4, 5, 6 et 7

Ce nombre est rajouté à la classification représentative de la classe de la chondrite, ces classes étant listés et explicités individuellement dans l’arbre de classification generale. Par exemple une météorite à enstatite pauvre en métal de type pétrologique 5 sera noté EL5, une chondrite carbonee du genre bencubbinite de type petrologique 3 sera note CB3 etc etc…

- Lorsqu'une météorite présente deux types pétrologiques différents, on sépare les deux nombres correspondants  par « / »  (par exemple pour une chondrite de H présentant les type pétrologique 3 ET 5, on note H3/5). 

- Lorsqu'une météorite présente des types pétrologiques différents ainsi que tout ceux qui leurs sont intermédiaires, on sépare les deux types extrêmes par le symbole “ - ”. Par exemple, pour une chondrite L présentant les types 3 A 6, on note L3-6.

- Le type pétrologique 3 est subdivisé  en 10 sous-catégories selon le degré de métamorphisme subit, notées 3.0 à 3.9. Depuis 2005 et les travaux de Jeff Grossman concernant les effet du metamorphisme faible sur la diffusion du trioxyde de dichrome (Cr2O3) dans les pyroxènes, on peut encore subdiviser les type 3.0 à 3.2 en 3.0, 3.05, 3.10, 3.15, 3.20, ce qui permet la recherche plus ciblée des échantillons les plus primitifs et représentatifs de la nébuleuse solaire primitive.

Il est à remarquer que cette notation, bien qu'officialisée par la Meteoritical Society, n'est pas toujours respectée à la lettre.

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